Certains la surnomment à juste titre “la diva du soul”, et sa notoriété en France ne cesse de grandir après la série de concerts dans notre pays. Nicole Slack Jones apparaît désormais comme une grande chanteuse de jazz, héritière en ligne directe d’Aretha Franklin, Sarah Vaughan, Billie Holiday et Ella Fitzgerald. Il suffit pour s’en convaincre de l’écouter une fois, ce qui fut mon cas à l’occasion d’un concert de la tournée La nuit du gospel. La chanteuse des Soul Sisters était accompagnée par l’excellent pianiste Craig Adams, son mentor, qui n'a cessé très modestement de la mettre en valeur.
Sa voix tour à tour puissante et rauque, sensuelle et veloutée, a littéralement enflammé la salle. Est-ce vraiment du gospel, de la soul, du rock, du Blues ? Sa musique ressortit de tous ces genre et peu importe les catégories. Nicole Slack Jones, fille de la Nouvelle Orléans où elle a vu le jour en 1964, perpétue la tradition en y ajoutant des éléments contemporains issus d’un R&B classieux.
Sa biographie officielle nous dit qu’elle a commencé à chanter, comme il se doit, dès l’âge de 5 ans dans le choeur de l’église Saint-Paul COGIC, la principale chorale pentecôtiste locale. Sa mère étant elle-même chanteuse et son père saxophoniste de jazz, le chemin semblait tout tracé. Nicole hésita pourtant quelques années encore entre la musique, le chant et la comédie. Avec une générosité toute désintéressée, elle choisit finalement de collaborer avec Raymond Myles, figure emblématique de la scène gospel de New Orleans, sur un programme de réinsertion par le chant choral de jeunes en difficulté. Sa route croise bientôt le R&B de Beyoncé Knowles dont elle devient une des choristes attitrées. Ce qui ne l’empêche pas de chanter avec les Big Easy Groovers, une des meilleures formations funk du cru, avec laquelle elle s’est produite sur la scène du mythique New Orleans Jazz & Heritage Festival.
Les traditions des cultes baptistes et pentecôtistes font partie intégrante de la Cité du Croissant, véritable creuset de cultures où la musique jaillit à chaque coin de rue. Comme beaucoup de chanteuses de sa génération, Nicole Slack Jones peut passer naturellement de chants inspirés de la Bible aux ballades soul les plus passionnées, sans négliger un répertoire régénéré par le R&B actuel.
Parmi ses innombrables admirateurs, l'écrivain et journaliste Philippe Labro. Invité d''une réception à l'ambassades des Etats-Unis à Paris pour l'Independance Day, il est tombé à son tour sous le charme comme en témoigne cette phrase : "... et puis voici que retentit la belle voix pleine, riche, éclatante de sa culture de La Nouvelle-Orléans, de Nicole Slack Jones, qui livre aux invités un aperçu de son talent qui lui a permis d’être identifiée comme la «Lady of Soul»."

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